
Alors que le film de Christopher Nolan fait le plein d’entrées dans les salles, sur la toile il soulève le débat.
J’attire votre attention sur le fait que le sujet de cet article pourrait de prime abord vous sembler complexe à appréhender voire irrationnel. Je l’aborderai de la manière la plus concrète possible. Une légère ouverture d’esprit vous est demandée pour mieux l’apprécier.
A la clé, vous pourrez en tirer une remise en question réellement bénéfique. Vous voilà prévenu ;-)
Avez-vous déjà entendu parler de la réalité subjective ?
La réalité subjective
Je vous résume cette idée telle que je la conçois.
Et si votre vie telle que vous la voyez n’était qu’une illusion, un rêve ?
Oui je sais, cela défie votre bon sens.
Mais imaginez un instant que tout ce que vous vivez, ce que vous ressentez, ce que vous faites, les gens que vous côtoyez ne soient pas réels.
Vous avez la sensation de réalité mais elle fait partie de votre imaginaire. Rien de ce qui se passe n’existe réellement.
Dans Inception, cette réalité théorique (ou théorie réaliste) est poussée à son paroxysme. Nous pouvons rêver que nous rêvons que nous rêvons … etc.
Nous n’aurons pas besoin d’aller aussi loin
Que feriez-vous si vous découvriez que votre existence est l’objet d’une vaste supercherie ?
Et si votre vie était un canular ?
Je vous recommande un autre film : The Truman Show
Inception n’est pas la première production à adresser le concept de réalité subjective.

Dans Truman Show, un homme ordinaire découvre que toute sa vie est mise en scène dans le cadre d’une émission de télé-réalité.
Toutes les personnes qui l’entourent sont les acteurs de sa réalité.
Ce qui est étonnant, c’est qu’avant même de voir ce film, depuis l’enfance, je me suis interrogé sur la subjectivité de ma réalité.
Les gens autour de moi sont-ils réels ?
Un peu comme lorsqu’on se demande si la lumière du réfrigérateur reste allumée quand on en referme la porte.
Lorsque je marche dans la rue, les personnes que je croise sont elles des figurants qu’on a placés sur mon chemin pour étudier ma réaction ?
Les évènements que je vois dans les journaux ne sont-ils pas que des canulars sensés provoquer une émotion chez moi ?
Ma boulangère ne serait-elle pas qu’une actrice dont le seul rôle est d’attendre pour me servir une baguette de pain ?
Les étrangers qui ne parlent pas ma langue font ils semblant de ne pas se faire comprendre ?
Ces questions de réalité subjective se résument à une question :
Les gens ont-ils une existence en dehors de ma propre existence ?
Le concept prend parfois une dimension encore plus importante. Tel le Truman Show, vous pouvez encore imaginer que tous les acteurs se connaissent et jouent de concert leur rôle dans votre vie.
Nous ne sommes pas loin de la paranoïa
Anticiper la supercherie
Étant très ouvert d’esprit, je n’écarte pas cette possibilité. Pour autant, vous ne me verrez pas errer dans la rue toisant tous les passants – complices de ce canular.
J’ai une approche bien plus subtile. Si ce n’est qu’un rêve autant l’accepter et vivre pleinement ce moment présent imaginaire ou non. Cette démarche m’aide à appréhender l’existence d’une manière bien plus riche.
L’individualisme généreux que je pratique s’inscrit directement dans ce nouvel art de vivre. J’ai pleinement conscience que le monde ne peut exister qu’au travers de ce que j’en perçois.
Si je suis heureux le monde est heureux. Si je suis malheureux, le monde l’est tout autant.
Ce qui fait que mon bonheur et celui du monde ne dépendent plus de facteurs externes mais de moi.
Voilà pourquoi je reste particulièrement insensible aux personnes négatives qui verront toujours le verre à moitié vide tandis que je m’en abreuverai goulûment.
Vivre pleinement l’instant présent
La société impose ses règles d’évolution sociale : naître, étudier, avoir un travail, se marier, faire des enfants, acheter sa maison, partir à la retraite, mourir. Je remets en question ce plan de vie.
Elles ne collent tout simplement pas à la réalité que j’ai définie.
Ça ne veut pourtant pas dire que j’aurai un destin différent. Cela signifie que ça ne correspond pas aujourd’hui à ma conception d’une vie accomplie.
Si jamais ma réalité se trouvait rentrer dans ce moule, je l’accepterai. Mais ne comptez pas sur moi pour construire ma réalité sur ce modèle.
Passée la trentaine la plupart des personnes songent à reproduire le modèle familial socialement bien établi. Ce besoin est bien souvent dictée par la pression sociale.
Je ne ressens pas cette envie de me conforter à ce modèle bien en dehors de ma réalité.
Mon expérience subjective de la réalité peut changer du jour au lendemain. Mais au moment où j’écris ces lignes, l’idée d’avoir à m’occuper d’enfant ne correspond pas à mes projets de vie.
En poussant la réflexion de manière concrète, je ne vois pas ce qu’un enfant peut m’apporter, je vois au contraire tout ce dont il peut me priver : ma liberté, mon temps, ma « richesse »,…
Échapper au conditionnement n’est pas si difficile
Façonner sa réalité subjective
Pour façonner ma propre réalité, j’ai choisi d’exercer mon libre arbitre.
Il est important de choisir :
- les personnes que vous laissez rentrer dans votre vie
- les idées qui vous influencent
- l’environnement dans lequel vous évoluez
Adoptez une démarche proactive. Il s’agit de devenir l’architecte de sa propre réalité.
Et vous, quelle est votre perception de la réalité ?
Vous sentez-vous comme un simple individu appartenant à l’espèce humaine, à la condition socialement dictée ?
Ou avez-vous vous aussi le sentiment d’être l’acteur principale de votre réalité ?
Olivier Prize
(crédit photo : Movie Poster Shop)

Merci pour cet article qui soulève de bonnes remises en question. Je me suis moi aussi plusieurs fois posé les mêmes questions.
Lorsque j’ai été voir Inception au cinéma, la fin du film m’a particulièrement marqué car on ne sait pas vraiment si Leonardo rêve ou non. Mais au fond, quelle importance s’il vit pleinement son rêve ? Au fond, je pense que ce qui est le plus important, c’est de vivre pleinement ce que l’on pense être juste.
Le dernier titre de ton article (si simple en apparence) est rempli de richesse. J’ajouterais encore à ta liste « les livres que vous lisez ». Oui, il s’agit bien d’être l’architecte de notre propre réalité et de ne pas lutter contre notre propre environnement. C’est ce que tu exprimes si bien par cette phrase « Si jamais ma réalité se trouvait rentrer dans ce moule, je l’accepterai. Mais ne comptez pas sur moi pour construire ma réalité sur ce modèle. »
Superbe article. Et audacieux ! Je me réjouis de lire d’autres commentaires !
Salut Thomas,
Je te remercie pour ton commentaire qui sied divinement à ma réalité
J’ai hésité à écrire cet article qui pourrait ne pas coller à la réalité de certaines (beaucoup de ?) personnes.
Au final, je ne le regrette pas et en suis même très fier
*modéré*
inception est un film extra
et ton article est très intéressant
alors ne boudons pas notre plaisir
et vivons simplement en pleine conscience
*modéré* Amicalement
La réalité tape dure et c’est dans la nature humaine de s’en rassurer.
L’humain a toujours été la source et su créer le paranormal, le mystique, le divin.
L’humain est allé vers cela, pas l’inverse.
Quand quand quelqu’un meurs, il est parti pour un monde meilleur.
Quand quelque chose arrive, c’est la volonté de dieu.
Je crois hélas que l’être humain est incapable de gérer sa vie sans croire en quelque chose de surnaturel, quelque chose qui est au-dessus.
Là où je veux en venir c’est quand en fait en lisant ton article Olivier
Je perçois le même sentiment d’invasion, le fait ne pas vouloir adhérer à ce que nous sommes réellement.
Alors évidement tu vas me dire, c’est ton point de vue, tu n’as pas la vérité exacte, puisque personne ne l’a.
Cependant, je sais que si je reste trop longtemps sous l’eau je meurs.
Je sais qu’aussi mignon qu’il soit, aussi gentille qu’une personne soit, un animal, un humain est en danger permanent dans son espace de vie, et ça c’est la réalité.
Nous essayons et c’est tout a notre honneur de donné un sens moral a notre vie, le mal c’est mal et le bien c’est bien.
Cela nous aide a être meilleurs les uns envers les autres.
Mais cependant quand la vie tue quelqu’un elle ne regarde pas si c’était quelqu’un de bien ou quelqu’un de mauvais, c’est juste une loterie.
Tout ca pour dire que je ne crois pas a un sens moral, la vie pour moi n’est pas une conception intelligente, pas quelque chose de gentil ou méchant, la vie est neutre, dans la mesure où nous sommes tous soumis aux mêmes lois physiques, aux même contraintes et aux même risques quotidiens.
Croire en soi, créer son avenir par soit même, aller chercher les choses soi-même, se construire soi-même.
Ne pas attendre quelque chose de quelqu’un, d’un dieu, du destin.
Rêver mais rester lucide, ne pas sombrer dans une conception « d après vie » de « fausses réalité ». La lâcheté n’est pas loin, assumer tout simplement ce qui constitue votre vie et si certaines choses ne vous plaisent pas, battez vous pour les changer.
On peut faire tout cela tout en faisant preuve d’humanité et tout en acceptant d’admettre que quelque choses nous dépasse certainement.
PS: c’est uniquement mon point de vue.
Quel commentaire élaboré
Je te remercie Juo d’avoir pris le temps de l’écrire.
C’est un peu une anti-thèse de ma réflexion et ..j’aime.
Elle correspond à une conception cartésienne du monde que j’ai eu et qu’il m’arrive encore de percevoir.
J’aurais envie de pousser l’insolence à me demander si tu ne serais pas une manifestation d’une partie de moi. Celle qui essaierait de se raccrocher à une vision plus terre à terre de la vie.
En fait qu’importe ma réalité subjective est avant tout celle que je créé
Olivier
Bonjour,
J’ai rapidement lu ton article ainsi que les commentaires laissés ci-dessous.
C’est drôle, je me reconnais beaucoup dans ce qu’Olivier a écrit et cela me rassure de lire que certains pensent comme moi. Juo n’a fait que compléter cette vision globale que j’ai des choses.
Beaucoup de gens autour de moi ont des enfants et tant la famille que les collègues ou les amis aiment me demande: « Alors, à quand ton tour ? », je suis sûr que ça vous rappelle quelqu’un de votre entourage…
Est-ce une fatalité ? Ce besoin s’expliquait à l’époque ou il fallait survivre pour vivre maintenant nous en sommes plus à l’état « revivre » pour vivre (le futur sera peut-être « vivre pour vivre » ? ). Je pense qu’avant même de penser à sa progéniture, il faut s’être accompli, connaitre « ses » buts et atteint une stabilité dans la vie. Peu de parents y sont arrivés… Bien-sûr, il y a d’autres manières de laisser une trace sur Terre (si tel est le besoin de certains).
Passons ce détail sociologique pour entrer dans la strate 2 (histoire de reprendre le film).
Moral,bien/mal, je partage l’avis de Juo sur certains points dont la neutralité de la vie. Cependant nous ne vivons pas seul et faire tout par soi même pour soi même n’est pas possible en communauté ou dans une société.
La raison des religions est avant tout l’attroupement des populations dans un même endroit. Il fallait bien que tout ce beau monde s’entende et partage les mêmes valeurs morales.
Faire preuve d’humanité comme le dit Juo signifie avant cela, de s’être accompli pleinement en intégrant « sa propre morale ». « Notre morale » est un ultra-son qui nous guide en rebondissant sur les parois des gens nous entourant jusqu’à atteindre notre plein accomplissement.
Strasse 3 s’accomplir ? Cela veut dire pour moi avoir atteint une paix intérieur, la « béatitude ». Je suis heureux de partager cette vision des choses avec vous.
Je sais qu’on ne peut montrer à une personne ce qu’est le bonheur, car il faut avoir pris conscience qu’on le recherche, cependant une fois cette prise de conscience arrivée, notre simple influence l’aidera à s’accomplir. C’est un virus (ou une idée comme dans inception) qui est très contagieux.
Si je devais suivre le déroulement du film qui m’a inspiré la structure de mon commentaire, je dirais que nous sommes arrivé aux limbes. Monde censé représenter notre plus profond subconscient. L’accomplissement pour moi représente le contraire, le supra-conscient. Cependant pour aller vers l’extérieur il faut avoir visité l’intérieur et pensé les plais, dénoué les problèmes pour finalement trouvé cette paix intérieur.
J’espère avoir semée une idée.
Merci Seirei pour ton (long) commentaire.
Je me doutais que mon article amènerait des réflexions très profondes mais sans doute pas à ce point
Cet article est tres riche!!! Et cela a un sens vraiment très profond… La plupart du temps, je me pose ces genres de question et je me mets en tête que tout ce que je vis n’est ni plus ni moins que le reflet de ma propre pensée, de mes propres REVES, donc que JE VIS MA REALITE A TRAVERS MON REVE! C’est bon de voir que je n’étais pas complètement folle…